Fort de la Ligne Maginot : Des moments… forts !

Comme surgit du flanc de la colline au sud du village, se dresse dans le roc le fort militaire qui servit à repousser les Italiens en juin 1940.

 

Suspendu sur un piton rocheux à la frontière franco-italienne, Sainte-Agnès a toujours été un poste de défense très convoité. Au XVIe siècle, à la frontière des domaines du comte de Provence et de Gênes, la maison de Savoie construisit à Sainte-Agnès une première fortification.

Cette forteresse a connu les conflits entre les Français et les Sardes. Plus tard, Napoléon III implanta dans l’arc alpin les ouvrages types Séré de Rivières afin de défendre les cols et les vallées qui pouvaient être aisément pénétrés car les altitudes sont modestes dans le département.

 

Lorsque Mussolini arrive au pouvoir en 1922, on réalise que ce système défensif est médiocre. C’est à moment-là que les autorités militaires françaises décidèrent de le moderniser. L’emplacement de Sainte-Agnès est hautement stratégique à plus d’un titre : il est à la fois élevé (près de 800 mètres), proche de la mer et de l’Italie à 3 kms à vol d’oiseau.

 

Tout le long de la frontière, plusieurs forts formaient la célèbre ligne Maginot, du nom du Ministre de la Guerre qui fit voter les premiers crédits de construction. Dernier rempart de la ligne Maginot, le fort de Sainte-Agnès en constituait l’ultime bastion sud : il permettait de cadenasser le passage du littoral.

 

La construction de l’ouvrage sur cet éperon rocheux surplombant la baie de Menton dura six ans, de 1932 à 1938. Ironie de l’histoire, le fort fut construit par une entreprise italienne, Spada, qui existe toujours…

 

Le Fort est une ville souterraine creusée sous le village dans les profondeurs de la roche. L’édifice équivaut à un immeuble de quatre étages encastré dans la colline. Il s’enfouit sous plus de 55 mètres de roches dans une configuration de sous-marin. D’ailleurs, on utilisait la terminologie de la Marine au Fort de Sainte-Agnès : on parlait d’équipage et non de garnison, de coursive plutôt que de couloir.

 

On compte 2000 m2 de galeries et de salles souterraines avec des équipements ultra-modernes pour l’époque. Si le village de Sainte-Agnès n’a eu l’eau courante et le tout à l’égout qu’en 1960, le fort bénéficiait de ces commodités dès 1938. De plus, une centrale électrique alimentait l’ouvrage en électricité, il y avait le chauffage central, le téléphone, de l’air régulé et une salle de neutralisation contre les gaz de combat. Ce casernement était très agréable pour les soldats qui étaient loin de connaître le même confort dans leurs foyers. Le Fort pouvait héberger 350 hommes de troupe qui pouvaient y vivre en complète autarcie pendant 3 mois.

 

Toutefois, ce lieu de vie emmuré et souterrain était très dur à vivre au quotidien pour les soldats. Il n’y avait aucune isolation phonique : l’usine électrique avec ses moteurs diesel les exposait en permanence à un niveau sonore extrêmement élevé de l’ordre de 100 décibels. Les électromécaniciens étaient contraints de procéder par signe pour communiquer ! Le confinement développait des pathologies comme la dépigmentation : pour pallier cette carence de soleil, les scientifiques attachés à l’armée ont inventé…la lampe à UV !

 

La mission du Fort était défensive : empêcher les Italiens de s’infiltrer par le littoral, d’entrer dans Menton et de progresser le long de la côte vers Nice. Le Fort disposait d’une force de feu redoutable. Son bloc d’artillerie sud était la casemate frontale la plus puissamment armée de toute la ligne Maginot. Aujourd’hui encore, il est équipé de son armement d’artillerie sous casemate.

 

Les combats commencèrent le 10 juin 1940 et prirent fin le 25 juin 1940 lorsque les Italiens renoncèrent. Il s’agit d’une des rares victoires françaises – méconnue – de la guerre de 40. Lors de ces deux semaines de combats ont été tirés 1 201 obus de 75, 234 obus de 135 et 80 de mortiers de 81 mm.

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La France des mystères : « les traces de la seconde guerre mondiale »
Date de diffusion du documentaire sur RMC découverte le mardi 31 janvier 2017 à 20h50.

• Du 1er Octobre au 31 Mai
Le Samedi et le Dimanche
de 14h30 à 17h30

 

• De Juin à Septembre
Tous les jours
de 10h30 à 12h et de 15h à 19h

 

• Pendant la fête des citrons (thème Broaday)

11/02/2017 au 01/03/2017
de 14h à 17h30

Renseignement au 04 93 51 62 31 ou 06 88 75 70 89

 

 

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• Adultes : 5 €

 

• Enfants 4-14 ans : 2 €

 

• Groupes (min 20 pers.) : 3 €

Le Fort se compose de plusieurs blocs :

 

  • bloc 1 à l’entrée
  • bloc 2 : artillerie et signalisation. Tourné vers l’ouvrage de Roquebrune Cap-Martin et l’ouvrage du Mont-Agel
  • bloc 3 : artillerie située sous les ruines du château et faisant face au Nord et à l’Italie
  • bloc 4 : observation
  • blocs 5 et 6, séparés de l’ouvrage principal et hébergeant de l’infanterie.

 

De petits ouvrages d’infanterie au Col-de-Garde et aux Banquettes protègent respectivement les flancs sud et nord du village de Sainte-Agnès.